Combattre – Partie 1 : les efforts internes (avec ton esprit)

Une partie des efforts pour combattre la dépression doivent être faits à l’intérieur de ta tête. Quand on vit la dépression, il n’est pas facile d’amener son esprit à voir que quelque chose ne va pas ou vaut la peine d’être regardée de plus près. La dépression pourrait essayer de faire passer ce qui t’arrive pour « quelque chose de normal dans la vie » ou te dire que si tu te sens nul c’est parce que tu es nul et qu’il n’y a rien à faire pour changer les choses. Si tu crois que tu ne te sentiras jamais mieux, ça peut être très difficile de décider de chercher ou accepter de l’aide ou de faire tout autre effort de rétablissement. C’est une situation dans laquelle les personnes dépressives se retrouvent souvent coincées.

Considère d’abord l’idée que tes pensées et sentiments pourraient être influencés par la dépression. Ça pourrait te sembler insignifiant, mais cela peut réellement faire une différence d’envisager la possibilité que ton état actuel est lié à une condition médicale traitable qui déforme tes pensées et tes sentiments. Cela pourrait te décharger d’un poids de te rappeler que la dépression n’est pas un visiteur permanent dans ta tête. Elle n’a pas toujours été là, et elle n’a pas à y rester

Des questions à te poser pour t’aider

  • Et si ma difficulté à me concentrer n’était pas liée à la paresse, mais à la dépression?
  • Et si c’était la dépression qui me disait que je suis nul, inutile ou que je ne vaux rien?
  • Et si mon sentiment que rien n’ira mieux était influencé par la dépression?
  • Et si les gens dans ma vie se préoccupaient réellement de moi en fin de compte, et que c’est la dépression qui me disait le contraire?
  • Et si ce n’était pas vrai que le monde irait mieux sans moi?

Te pousser à accepter qu’il existe la possibilité d’aller mieux (ou, si tu n’y arrives pas, mettre ta croyance du contraire en suspens assez longtemps pour essayer certaines choses) est un premier pas important dans le combat à mener dans ton esprit, qui sera déterminant pour la suite des choses.

Les thérapeutes cognitifs (des spécialistes de la remise en question des modèles de pensée) ont donné un nom à certains schémas de pensée faussés ou erronés que l’on peut observer chez les personnes aux prises avec la dépression. En voici quelques exemples. Essaie de remarquer si tu te reconnais dans certains.

La surgénéralisation

Ton esprit tourne un événement négatif en preuve que l’événement se répétera encore et encore en utilisant des mots comme « jamais » ou « toujours ».

Exemple : Trevor échoue son premier examen de conduite. Il se dit : « Je suis nul. Je n’aurai jamais mon permis. Je vais devoir prendre le bus jusqu’à l’âge de 80. »

La disqualification du positif

Tu te dis que les bonnes choses qui se produisent « ne comptent pas » ou prouvent tout de même quelque chose de négatif.

Exemple : Une fille sourit à Michel et vient lui parler. Avant de repartir, elle lui donne son numéro. Michel se dit que quelque chose ne doit pas aller chez cette fille pour qu’elle s’intéresse à lui, et finit par se convaincre qu’elle a probablement fait ça pour se moquer de lui.

La lecture des pensées

Tu crois savoir ce que les autres pensent de toi. Tu vois une situation d’une façon qui vient confirmer ce que tu croyais déjà.

Exemple : Isaac voit un gars qu’il connaît dans la foule, mais ce dernier ne croise pas son regard. Isaac ne considère pas la possibilité qu’il ne l’a simplement pas vu et se dit à la place : « Je savais qu’il ne m’aimait pas. Il essayait totalement de m’éviter. Il doit penser que je suis un taré. »

Le raisonnement émotionnel

Tu ressens une émotion très forte à propos de quelque chose, et tu te dis que cette émotion vient confirmer une certaine manière de voir les choses.

Exemples : Jean se sent tout le temps coupable; il voit ce sentiment comme une preuve qu’il doit être une personne horrible. Antoine se sent vraiment en colère; il prend pour acquis que ce sentiment signifie qu’il est entouré d’imbéciles.

La pensée catastrophique

Tu envisages la pire des éventualités dans une situation.

Exemple : Cédric a eu un « D » à son examen. Il se dit qu’il va échouer le cours, ne pourra jamais être admis dans une bonne université, ce qui l’empêchera d’avoir un bon emploi et il ne pourra donc jamais gagner beaucoup d’argent.

Si tu t’es reconnu dans certains des schémas de pensée ci-dessus, il se peut que tu te sentes un peu découragé ou que tu te dises quelque chose comme :

« Super, encore quelque chose que je fais de travers » ou « c’est tellement le bordel dans ma tête qu’ils ont même des noms pour ça ».

Comme tu peux voir, la dépression est très habile pour influencer la façon de voir les choses. Expliquer ces notions n’a pas pour but de te faire sentir mal à propos des « modes de pensée erronés ». Nous voulons montrer qu’il est possible de voir et de ressentir les choses autrement. Comprendre comment la dépression filtre les choses dans ta vie est une première étape pour t’ouvrir à d’autres informations et entrevoir de meilleures possibilités.

Les pensées et les sentiments peuvent être influencés par la dépression. Ça pourrait te sembler insignifiant, mais cela peut réellement faire une différence d’envisager la possibilité que ton état actuel est lié à une condition médicale traitable qui déforme tes pensées et tes sentiments.

Pour gérer la dépression, tu dois à la fois faire des efforts internes (dans ta tête) et externes. Par exemple, lorsque tu commences à voir un thérapeute ou un intervenant (ou même si tu décides d’essayer l’autotraitement dans un premier temps), tu passeras de l’étape où tu remarques ce qui se passe dans ton esprit à l’étape de la remise en question de certains de ces modes de pensée.

Si tu crois souffrir de dépression ou que tu as besoin d’aide pour mieux comprendre tes pensées, tu peux toujours communiquer avec Jeunesse, J’écoute.

On dit « combattre » la dépression, parce que cela demande des efforts.
Considère l’idée que tes pensées et sentiments pourraient être influencés par la dépression et qu’il existe une autre manière de voir les choses.

• La dépression fausse nos pensées et notre raisonnement.
Essaie de remarquer et de nommer comment la dépression pourrait influencer ta façon de penser.

Si tu te sens dépassé, tu peux communiquer avec Jeunesse, J’écoute en tout temps.


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La discussion (clavardage) ci-dessous est une transcription fictive basée sur de vraies situations.

 
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